Comment la SGP peut-elle oser affirmer qu'elle "participe au dynamisme de l'activité agricole locale" ? (page 19 de son dépliant)

"Monsieur le Président,

Mesdames et messieurs les membres de la commission d’enquête,

 

Certains des membres des membres de notre collectif étant présents hier soir à la réunion publique de Massy, nous voulions réagir sur une phrase affichée sur les slides passés par la SGP et que nous venons de retrouver dans les documents distribués hier soir :

page 19, dans "des ressources naturelles à protéger et à préserver", nous pouvons lire que

"La SGP a développé des mesures pour renforcer la protection de l'environnement naturel des territoires de la ligne 18, préserver leurs ressources, renforcer les activités économiques et garantir le cadre de vie des habitants"et en point 7: "contribuer au dynamisme de l'activité agricole locale en recherchant avec les exploitants des solutions aux impacts éventuels et en soutenant l'activité économique du secteur agricole".

Nous demandons à la SGP d’expliciter précisément ce qu'il y a derrière ces mots... qui, de notre point de vue, sont mensongers et honteux : il n’est qu’à lire ce que Mme Jarry, garante de la concertation renforcée, écrivait page 14-15 de son rapport sur l’impact du métro aérien que l’agriculture :

De nombreux intervenants ont rappelé la vocation agricole du Plateau et manifesté leur inquiétude de voir ces terres grignotées par l’urbanisation. La sanctuarisation de 2 300 ha de terres agricoles ne rassure qu’à demi la communauté agricole. Enfin, le passage de la ligne en viaduc au-dessus de certaines parcelles cultivées (présence des piliers dans les champs tous les 25 m) est une contrainte importante pour les exploitants.

« (...) la ligne 18 est nuisible à l’agriculture dans sa pérennité sur le plateau, car l’agriculture péri-urbaine doit assumer des coûts supplémentaires (engins plus onéreux car repliables, horaires de déplacement contraints, coût du transport des grains lors des moissons rendu prohibitif en raison de la saturation des axes routiers, etc.). Pourtant l’agriculture du Plateau de Saclay est historiquement la première ressource du territoire, elle a su évoluer et s’adapter depuis 2000 ans. Elle a déjà pris le tournant des circuits courts (vente à la ferme, amap, cueillette au pré), enclenché la qualité du bio pour certaines exploitations (Vandame, Monville), contribué à la réinsertion sociale (Jardins de Cocagne), soutenu les loisirs (centre équestres, pensions pour chevaux), fourni les plantations aux habitants (Allavoine) et mérite d’autant plus d’être soutenue et protégée que le 21 ème siècle va la rendre indispensable pour les 13 millions d’habitants prévus au SDRIF en terme de proximité. »

(Contribution association Terres fertiles)

Certains, comme Europe Écologie Les Verts, considèrent qu’un métro tel que le propose la SGP n’est pas compatible avec la protection de la ZPNAF.

C’est également le point de vue des agriculteurs, à qui l’argument de la ZPNAF semble désormais fallacieux : « On a le sentiment avec cette ZPNAF, d’avoir été instrumentalisés. On ne peut plus rien dire sans qu’on nous renvoie à la figure ces 2 333 hectares. Cela nous paraît d’une mauvaise foi terrible, une arnaque. On a l’impression d’être tombés en plein dans le piège, car on ne nous avait pas présenté au départ l’ensemble du projet. Seulement des petits bouts par-ci par-là.

Et maintenant, au nom de cette ZPNAF, les aménageurs peuvent faire le désert autour. C’est le prétexte pour démolir tout autour. Ces 2 333 hectares ne sont pas tous d’un seul tenant et du coup, quand des terres ne sont pas dans la ZPNAF, elles sont en danger.

(Contribution de 4 fermes situées à Villiers-le-Bâcle, Guyancourt, Villaroy, Bièvres)

Inquiets de voir leurs parcelles surplombées par le futur viaduc, les agriculteurs ont le sentiment de n’avoir pas été associés à l’élaboration du projet et de s’être heurtés à l’incompréhension du maître d’ouvrage. Un métro aérien, disent-ils, ne respecte pas les animaux et détruit les écosystèmes (oiseaux, insectes, coccinelles, etc.) sur lesquels s’appuie l’agriculture. Il ne respecte pas les hommes qui travaillent les parcelles. Les poteaux qui soutiendront le viaduc seront autant d’obstacles pour les engins agricoles et source de stress pour les agriculteurs :

« Nous avons déjà l’expérience des fortes contraintes supplémentaires que représente la présence des lignes haute tension pour cultiver nos champs. Il faut faire des chicanes pour passer entre les poteaux. Ça devient un parcours à obstacle, qui nécessite du temps de travail supplémentaire : quand on laboure, par exemple, la charrue étant un gros engin malcommode pour faire marche arrière, cela nous contraint à faire plusieurs fois des manœuvres en plein champ, nous perdons bien 10 minutes à chaque poteau. Multiplié par le nombre de poteaux… De plus, comme nous sommes obligés de repasser sur ce qu’on a déjà fait, la terre est trop tassée, sa structure s’abîme et cela a de l’impact sur le rendu de la plante. Et donc sur nos rendements et la viabilité de nos exploitations. Et à nouveau aussi sur notre nervosité car travailler dans ces conditions de perte de temps inutile est usant. Un champ n’a pas de barrière normalement et plus on met ainsi des obstacles à notre travail, plus c’est violent pour nous, au quotidien.
(Contribution reçue d’un collectif d’agriculteurs du Plateau)

Tous les agriculteurs du Plateau remettent en question la possibilité d’assurer une pratique agricole de qualité dans les conditions induites par l’arrivée d’un métro aérien. Ils sont soutenus par de nombreux habitants du Plateau, qui ont tissé avec eux des liens de proximité à travers les diverses structures mises en place sur le territoire (vente directe, AMAP, circuits courts, etc.) et qui sont attachés à la préservation de la vocation agricole du Plateau. Plus largement, c’est l’urbanisation de leur territoire qu’ils dénoncent, et le bétonnage des terres agricoles dont ils craignent à terme la disparition.

En conséquence, nous remettons en cause les propos que la SGP se permet d’écrire page 19 de son dépliant et lui demandons d’ôter, lors des prochaines réunions publiques, cette ligne de sa présentation et de reconnaître publiquement que lors du Débat Public de 2011, l’un de ses représentants avait répondu à Emmanuel Vandame, agriculteur sur le Plateau :

Réponse de Florence Castel, membre de la SGP,

"Très rapidement, sur la question agricole et environnementale, je réaffirme avec force que la Société du Grand Paris est extrêmement attachée à la préservation des terres agricoles environnementales.

Le choix que nous proposons sur le Plateau de Saclay en est un exemple, je le crois, criant. Nous faisons le choix, sur ce plateau, de proposer un passage en souterrain, alors même que nous savons que ce sera un peu plus cher que si nous avions fait une jolie tranchée en travers du Plateau ; pour la simple et bonne raison qu’il est inenvisageable, pour nous, de ne pas veiller à préserver les terres agricoles et les espaces naturels.

Tout à l’heure, j’ai cru entendre qu’il fallait satisfaire les besoins immédiats. Oui, il faut satisfaire les besoins immédiats, mais pensez aussi à ceux des générations futures. Moi, je n’exclus pas qu’en 2050, quand la terre aura 9 milliards d’individus, nous serons peut-être à la recherche du moindre hectare de terre cultivable et que dans ce contexte les terres agricoles du Plateau de Saclay qui, nous le savons, sont parmi les plus riches d’Europe, seront peut-être extrêmement utiles, de la même manière que celles de La Plaine de France que nous veillons strictement à préserver. Je le réaffirme avec force, et pardonnez-moi, je ne peux pas vous laisser dire, comme vous l’avez dit, que la Société du Grand Paris ne se soucie pas des terres agricoles."  (in verbatim du débat public du 19 janvier 2011)

… et que donc, maintenant qu’elle fait le choix d’un tracé en aérien, elle ne se soucie plus de préserver les terres agricoles et les espaces naturels.

Le collectif Moulon2020

 

 

Écrire commentaire

Commentaires : 0

4 808,6 M€

COMPTEUR Paris-Saclay

cliquez ICI pour le détail

Bonjour, 

Vous êtes sur le site

du collectif CITOYEN

MOULON 2020. 

Nous sommes des citoyens de Gif, Bures, Palaiseau, Villiers le Bâcle, Orsay, ... qui avons pour but premier d'informer au maximum les habitants ce qui se prépare sur le Plateau de Saclay (plus spécifiquement sur toute la frange sud du Plateau). Ce site est un de nos moyens pour le faire. 

Nous incitons également au maximum à la participa-tion citoyenne aux enquêtes publiques et essayons de lire au maximum les dossiers pour donner des pistes.