Une localisation des espaces sportifs ailleurs que sur les terres agricoles

« Garantir la viabilité économique et fonctionnelle des exploitations agricoles du territoire » (page 28 du CDT). « Pérenniser l’agriculture du Plateau » (motion CAPS).

Si nos élus et les signataires du CDT ne veulent pas que ces objectifs (que nous partageons complètement) restent des vœux pieux, il est essentiel qu’ils s’enga-gent en premier lieu sur la préservation du principal outil de travail des agriculteurs : leurs terres, qui, avec 4 mètres de limon fertile, sont en plus parmi les meilleures de France.

Nous entendons déjà la réponse : « c’est déjà fait, puisque la ZPNAF protège de toute urbanisation 2333 hectares du Plateau ». Certes, mais ce chiffre cache cependant une réalité qui serait problématique pour n’importe quel entrepreneur dans n'importe quel secteur d'activité et...

... l’est donc pour les agriculteurs : le projet tel qu’il est présenté actuellement fait disparaître 13% de la base même de leurs ressources, en l’occurrence les terres agricoles du Plateau (et si on limitait le calcul des pertes au seul territoire du CDT, objet de l’enquête publique, on serait sans aucun doute à un taux beaucoup plus élevé).

Nous approuvons à 100% la « logique de compacité » revendiquée par le CDT page 14 « afin de limiter la consommation foncière ». Nos propositions alternatives se sont donc appliquées à entrer dans cette logique et même à amplifier encore cette volonté clairement affichée : nous demandons que les espaces sportifs des ZAC de Polytechnique et de Moulon soient déplacés, les uns comme les autres consommant, sur les plans actuels, des hectares de terres agricoles que nous pensons possible d’économiser en aménageant autrement.

   1) Espaces sportifs de la ZAC Polytechnique

 Page 165 du CDT, fiche n°31, quartier de Corbeville « Un pôle sportif est prévu au titre de la ZAC du quartier de l’Ecole polytechnique dans le cadre du Plan campus et des futurs besoins des usagers du territoire. » Une ZAC est une ZAC, elle est déterminée par un certain périmètre et celui-ci n’inclut pas le quartier de Corbeville. Pourquoi donc les terrains de la ZAC seraient-ils à l’extérieur de la ZAC ?

Nous demandons donc que ces terrains de sport qui, au moins pour une grande partie d’entre eux, sont sur les terres que cultive Emmanuel Laureau, soient déplacés dans la ZAC de Polytechnique où ils auraient dû être intégrés dès le départ puisque clairement annoncés comme étant ceux de la ZAC et qu’ils soient localisés :

·  au nord-est, dans la zone des lacs, de façon à construire un espace « nature et sportif » vraiment très agréable pour les futurs habitants et personnes voulant faire du sport (cf carte ci-après, nouvelle localisation 1)

·  et/ou en lieu et place des 500 logements que la mairie de Palaiseau demande de ne plus inclure dans la ZAC de Polytechnique. Les espaces ainsi libérés pourraient accueillir les espaces sportifs de Corbeville. 

Nous avions pensé à une deuxième solution : déplacer les espaces sportifs sur les terres données en compensation à Emmanuel Laureau au nord est de la ZAC de Polytechnique (cf carte ci-après, nouvelle localisation 3), de nettement moins bonne qualité que les terres qu’il cultive actuellement au sud de sa ferme et sur lesquelles on veut construire des espaces sportifs. Cela nous paraissait de bon sens : mettre les terrains de sport sur les terres de qualité inférieure et garder les terres fertiles pour les cultures. De plus, les terres données en compensation (desquelles ont été enlevés à 8 pendant deux jours, 50 à 60 tonnes de cailloux) sont éloignées de sa ferme, ce qui le conduit, pour exercer son métier, à passer régulièrement en tracteur sur les routes. Cela engendre pour l'exploitant perte de temps et perte d'exploitation, mais aussi une circulation d'engins agricoles aux roues nécessairement boueuses par temps humide sur une chaussée dévolue à la circulation de voitures particulières et de motos. Il est donc bien plus cohérent de laisser les terres exploitées attenantes à sa ferme. Cette solution nous paraissait cependant moins bonne que les deux précédentes, les terrains de sport, se retrouvant, dans cette configuration, séparés de la zone des lacs par un bout de forêt et moins accessibles que dans la ZAC de Polytechnique elle-même. Et consommant quand même des terres agricoles, bien que moins bonnes… terres agricoles qui s’avèrent être sur la ZPNAF et devant donc rester agricoles.

2)     Espaces sportifs de la ZAC de Moulon :

On voit sur la carte de gauche ce qui est prévu pour la « Plaine des sports » de Moulon. Cet espace nous semble démesuré.

En effet, on peut voir ci-dessous l’espace actuellement consacré aux équipements sportifs de Moulon : il contient quand même trois terrains de foot, 8 terrains de tennis, un gymnase et des vestiaires et nous semble, « à l’œil », occuper trois fois moins de surface que la future Plaine des sports. Nous nous interrogeons donc sur le pourquoi d’une telle superficie qui lui est consacrée.  

Ci-dessous un plan extrait du dossier d’enquête publique « création de la ZAC Moulon ». Une première interrogation : pourquoi l’un des deux terrains de foot prévu ne se trouve-t-il pas à l’intérieur du stade présenté au nord-est de la plaine des sports, économisant ainsi autant d’espace ? D’autre part, il nous paraîtrait plus cohérent avec la compacité revendiquée page 14 du CDT de moins « étaler » les équipements présentés au nord de la RD128.  

Dans cet esprit, nous proposons donc de concentrer la Plaine des sports de la ZAC Moulon au sud de la RD128 en l’étendant, si besoin, vers le sud (sur la lisière non boisée) et non vers le nord (de façon à laisser les terres agricoles).

Cette solution alternative permettrait en effet de laisser à l’INRA et à la recherche agronomique une grande partie de ses terres expérimentales. Car il est tout simplement un comble que sur ce Plateau présenté comme scientifique, soient détruites les 2/3 des surfaces de l’UMR de la ferme de Moulon (quelques 70 hectares), utilisées pour faire des expérimentations directement utiles aux agriculteurs, en particulier sur les semences. Remplacer ces terres par d’autres, mettre les terres expérimentales sur les lisières comme le suggèrent les dernières orientations des aménageurs, est un non sens car les chercheurs ont besoin, pour mener à bien leurs travaux, de disposer de parcelles suffisamment grandes pour y pratiquer l’assolement et surtout que ces surfaces soient toujours les mêmes de façon à voir leur comportement sur la durée. Déménager les terres consacrées depuis des années à la recherche agronomique ferait perdre beaucoup en termes d’analyse sur le long terme. L’IDEEV, bâtiment dans lequel vont emménager les chercheurs localisés auparavant dans la ferme de Moulon, est de plus mitoyen de ces champs, il n’a pas « besoin », lui, d’espaces de transition « ville-agriculture ».

 Cette solution alternative aurait aussi des avantages au niveau de la biodiversité. En effet, le dossier de demande de dérogation « espèces protégées » ZAC Moulon, explique bien comment la circulation des amphibiens entre le sud de la ZAC (mouillère existante (en bleu ciel sur la carte ci-contre)/la mare à créer (bleu foncé), la lisière forestière) et la rigole de Corbeville, serait rendue difficile par l’urbanisation. Le fait de ne pas mettre de plaine des sports au nord de la RD128 laisserait aux amphibiens une bien meilleure accessibilité à ces milieux indispensables pour eux.

Quant à la haie bocagère prévue page 63 de ce même dossier de demande de dérogations, elle pourrait très bien être faite le long de l’IDEEV jusqu’à la RD128. 

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Commentaires : 1
  • #1

    Christine Assiouras (mercredi, 07 janvier 2015 16:32)

    J'adhère à cette proposition du collectif CITOYEN MOULON 2020, au sujet de la localisation des terrains sportifs.

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