Il faut restaurer le réseau des rigoles du Plateau de Saclay

Afin de préserver nos vallées des risques d’inondations amplifiés par le futur bétonnage des terres, nous demandons, au préalable de tous les travaux non encore commencés, la restauration du réseau des rigoles et une mobilisation générale pour l’inscrire au patrimoine mondial de l’Unesco. 


Comme le disait le 4 octobre 2013 « Paris-Saclay le média » : 

L’Association des Etangs et Rigoles du Plateau de Saclay (ADER) poursuit donc son patient travail d’information sur cet héritage....

.... du XVIIe siècle, en vue non seulement de sa réhabilitation, mais aussi de son inscription au patrimoine mondial de l’Unesco (dans le cadre de celui de Versailles), à travers une nouvelle publication richement illustrée et documentée, malgré son format (une soixantaine de 60 pages).

... du XVIIe siècle, en vue non seulement de sa réhabilitation, mais aussi de son inscription au patrimoine mondial de l’Unesco (dans le cadre de celui de Versailles), à travers une nouvelle publication richement illustrée et documentée, malgré son format (une soixantaine de 60 pages).

Si le système hydraulique du Plateau de Saclay a résisté aux outrages du temps et à l’urbanisation (à la différence de celui créé sur les Plateaux de Trappes et de Bois-d’Arcy), il y avait urgence : ses rigoles ont été abîmées ou laissées à l’abandon. Une situation qui s’est déjà traduite par de récentes inondations dont jusqu’ici les vallées avaient été préservées (cf les inondations intervenues à Villiers-le-Bâcle, Châteaufort et Gif-sur-Yvette, en 2007), ou par la submersion de terres agricoles (comme celles intervenues en février et juin 2013 suite à la coupure de drains, sur la commune de Saclay).

La publication ne se limite pas pour autant aux seuls étangs et rigoles. Car le système comporte aussi des aqueducs aériens (dont celui de Buc) et souterrains, des pavillons de garde rigole ou de l’aqueduc, les bornes du domaine royal… Sans compter la kyrielle de fermes qui ont pu prospérer grâce à la fertilité des terres (assurée par un limon épais et toujours frais) : la Ferme du Trou Salé, la Ferme de Viltain, la Ferme de Toussus…. Toutes plus impressionnantes les unes que les autres, moins par leur apparence que par leur taille. A titre d’exemple, celle-ci pourrait contenir le donjon de Vincennes et ses douves. Si certaines ont été investies par le passé par des équipes de recherche (la ferme du Moulon, par exemple, qui accueille des agronomes), d’autres sont encore en activité et participent même au renouvellement des pratiques agricoles et maraîchères (cf la cueillette de légumes, de fruits et de fleurs, à la Ferme de Viltain pour ne citer que cet exemple).

 

Un projet de réhabilitation en bonne voie

 

Etablie par un collectif de spécialistes de divers domaines (de la géologie à la biodiversité en passant par l’hydrologie, l’archéologie…), la publication rend compte de bien d’autres aspects du Plateau, dont sa vocation scientifique affirmée à partir du lendemain de la Seconde Guerre mondiale, avec l’installation d’organismes de recherche (le CEA et plus récemment le Synchrotron), puis d’établissements d’enseignement supérieur (École polytechnique, HEC, Supélec,…), et confortée par le projet de création du Campus Paris Saclay et l’arrivée d’autres grandes écoles et centres de recherche.

Loin de s’opposer, les deux logiques à l’œuvre sont complémentaires. C’est en tout cas l’idée que défend l’ADER en faisant observer que le rayonnement assuré par l’inscription des étangs et des rigoles au patrimoine mondial de l’Unesco ne pourrait que servir la cause de ce campus, en contribuant à sa propre visibilité internationale.

L’ADER a déjà récolté les fruits de ses efforts : les pouvoirs publics ont décidé de lancer un programme de réhabilitation pour remettre le système hydraulique des étangs et rigoles du plateau de Saclay. En 2001, les collectivités locales concernées (Région et Départements) et l’Agence de l’Eau s’accordaient autour de la nécessité de rétablir les continuités des rigoles coupées par les aménagements urbains, remettre en état les aqueducs souterrains et entretenir les étangs. En 2010, l’EPPS se voyait confier par le Préfet de Région le soin de mener une Etude Globale de la Gestion de l’Eau (EGGE) en association avec les acteurs du territoire. Finalisée en septembre 2012, cette étude définissait plusieurs principes de gestion sur la base d’une réhabilitation de l’ensemble du réseau.

Il faut restaurer les rigoles : tout le monde s’accorde sur ce point.

La Région Ile-de-France, les Départements de l’Essonne et des Yvelines, l’Agence de l’eau, qui se sont engagés, qui plus est financièrement, dans le processus et ce, depuis près de 15 ans. Plus récemment la CAPS, dans la motion votée en conseil communautaire et déposée sur le registre d’enquête : « la protection, la mise en valeur et la reconnexion des rigoles domaniales sont un volet important du projet. (…) Il s’agira de préserver leurs fonctions hydrauliques de drainage des terres agricoles et de gestion des eaux pluviales, notamment au travers des différentes zones de reflux. ».

Le commissaire-enquêteur de l’enquête publique « loi sur l’eau » pour la ZAC Moulon avait lui aussi insisté sur les rigoles, avec une recomman-dation n°2 disant : « La restauration de la rigole de Corbeville, qui améliorera le fonctionnement hydraulique du plateau, doit être réalisée dans un délai compatible avec le développement de la ZAC. L’autorisation loi sur l’eau nécessaire pour cette restauration est à faire aboutir dans les meilleurs délais. ».Dans la réponse que l’EPPS a faite à cette recommandation, il affirme lui-aussi l’importance de ce réseau unique et se dit « partie prenante des travaux engagés à l’échelle du plateau : il a signé en 2012 une convention de co-maîtrise d’ouvrage avec le SYB pour l’étude de modélisation des écoulements du réseau hydrologique du plateau de Saclay et l’étude pour la restauration de la rigole de Corbeville et le franchissement de la RN118. 

Les échanges avec la DDT sur le projet de la restauration de la rigole montrent que les études menées par l’EPPS en liaison avec la CAPS pourraient utilement compléter le dossier d’autorisation du SYB de manière à ce qu’il intègre les enjeux liés aux éco-systèmes, à la biodiversité, au paysage…

L’EPPS suit attentivement le projet de restauration de la rigole de Corbeville, il est mobilisé et entend faire aboutir le travail dans les prochains mois. Il convient toutefois de rappeler que la reconnexion de la rigole de Corbeville n’a aucune incidence sur la gestion des eaux pluviales de Moulon. ». (NB : elle en a par contre dans le cadre du CDT).

 

Il faut restaurer les rigoles : tout le monde s’accorde sur ce point.

Mais elles ne semblent pas être aussi prioritaires qu’elles le devraient (rappelons que ce système hydraulique peut jouer un rôle essentiel pour éviter les inondations des vallées quand le Plateau sera bétonné) puisque, par exemple, alors que le SYB préconisait dès 2010 une passerelle au dessus de la 118 capable de supporter le poids d’une conduite d’eau, il a été construit le pont pour faire passer le TCSP sans faire « d’une pierre deux coups ».

En décembre 2010, le SYB a fait une présentation de son programme de restauration des rigoles aux associations : on peut y voir que le coût de 18 millions d’euros prévu sur 10 ans était financé à hauteur de 80 % pour les travaux d’investissement et 60 % pour les travaux d’entretien. Le temps des études nous semble arrivé à son terme : ce qu’il y a à faire est bien clair pour les spécialistes, le coût de ces travaux a été évalué (contrairement à ceux de nombreuses fiches du CDT) et pour plus de la moitié, les financements sont assurés par des partenaires qui se sont engagés. Il est désormais le moment de passer à la réalisation, de fixer un calendrier précis (le « faire aboutir le travail dans les prochains mois » répondu par l’EPPS au commissaire enquêteur cet été n’est plus acceptable quand il s’agit d’un sujet aussi consensuel que les rigoles) et d’attaquer les travaux, avant toute autre réalisation.


Nous demandons que l'ensemble des acteurs signataires du CDT se mobilise et mobilise large pour que les rigoles soient inscrites au patrimoine mondial de l'Unesco et que leur restauration se fasse au préalable de tous les travaux non encore commencés. 

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